Quels médiators sont utilisés par les pros ?
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J’ai vu des pros partir en tournée avec trois médiators identiques et revenir en ayant testé une douzaine de modèles différents. Le choix du mediator est souvent invisible pour l’audience, mais c’est l’un des leviers les plus efficaces pour façonner l’attaque, la dynamique et le confort de jeu. Ici, on décortique ce que les pros utilisent vraiment — matériaux, formes, épaisseurs, marques et conseils pratiques pour choisir le bon médiator selon votre style.
Quels types de médiators retrouvez-vous sur les scènes pro
Les pros n’utilisent pas un seul type de médiator : ils adaptent l’outil à la chanson, à l’instrument et à la salle. On retrouve globalement cinq grandes familles, chacune avec ses atouts.
- Médiators fins (0,38–0,6 mm) : populaires sur acoustique rythmique légère, strumming rapide et ukulélé. Ils produisent un son plus brillant, moins d’attaque aiguë, et favorisent le mouvement du poignet.
- Médiators moyens (0,7–1,0 mm) : le choix polyvalent. Idéal pour pop/rock, studio et scènes où vous alternez rythme et lead. Beaucoup de pros gardent un lot de medium pour la plupart des concerts.
- Médiators lourds/épais (1,2–3,0 mm+) : utilisés pour le solo, le jeu lead et les passages précis. Ils offrent plus de contrôle, d’attaque et de sustain.
- Médiators durs/metal et composite : pour du son très direct, attaque tranchante et durabilité. Très présents sur les plateaux métal et hard rock.
- Médiators spéciaux (thumb picks, fingerpicks, felt picks, hybrid picks) : pour fingerstyle, country, jazz manouche, ou quand le son du doigt est requis sans perdre la précision du médiator.
Anecdote : j’ai commencé une tournée folk avec des médiators fins — au deuxième soir, j’ai cassé trois et j’ai dû passer à des mediums pour tenir la durée. Les pros préfèrent souvent avoir plusieurs épaisseurs en poche, selon la setlist.
Pourquoi ces choix en live ? La consistance sonore et la prévisibilité de l’attaque comptent. En studio, certains pros acceptent plus d’expérimentation, mais sur scène, on sécurise : le médiator doit tenir la distance, ne pas glisser et donner la même attaque à chaque prise.
Points clés à retenir :
- Les pros mixent les modèles dans leur housse.
- Le confort prime autant que le son : la forme et l’adhérence font gagner des solos.
- Les signatures existent, mais beaucoup de joueurs pro customisent ou liment leur médiator pour obtenir la bonne prise.
Matériaux et formes : comment ils influencent le son et le toucher
Le matériau du médiator change le timbre, la durabilité et la sensation sous le doigt. Voici un panorama des principaux matériaux et leurs caractéristiques.
- Celluloïd : le classique historique. Chaleureux, légèrement brillant, bonne flexibilité. Moins durable que certains composites, mais beaucoup de joueurs aiment son côté « vintage ».
- Nylon : souple, rebond agréable, son rond. Très utilisé en acoustique et pour les acoustiques électro-acoustiques.
- Tortex (Delrin) : surface matte, bonne accroche, son proche du celluloïd mais plus durable. Très répandu chez les pros pour la résistance.
- Ultex / Lexan : matériaux très durs et résistants. Offrent un son très clair, attaque nette — parfait pour précision et vitesse.
- Acétate, bois, corne, métal : chaque matériau apporte une couleur : bois plus chaud, métal plus incisif. Utile pour des textures particulières en studio.
- Felt / tissu : utilisé pour jazz manouche ou son très doux sur acoustique. Moins précis mais très musical.
Tableau synthétique (extrait):
Formes : 351 (Fender), Jazz III (petit triangle), teardrop, sharp… Chaque forme change le point de contact avec la corde, la prise et la maniabilité. Le Jazz III (small) favorise la précision et la vitesse — très prisé par les lead players. Les formes plus larges donnent plus de confort pour le strumming.
Astuce pro : beaucoup limeront le bord d’un médiator pour arrondir l’attaque ou garder droit pour un son plus incisif. Les pros n’hésitent pas à modifier un mediador pour obtenir la « coupe » parfaite.
Épaisseur, flexibilité et style : comment choisir selon votre jeu
L’épaisseur est le paramètre le plus impactant pour le jeu. On peut la résumer ainsi :
- Épais (≥ 1,2 mm) : contrôle maximal, attaque forte, sustain augmenté. Idéal pour solos, metal et lead précis.
- Medium (0,7–1,0 mm) : équilibre attaque/flex, bon pour alternance rythmique/solo.
- Fin (≤ 0,6 mm) : flexibilité, facilité de strumming rapide, son plus doux.
Quelques repères de pros :
- Les lead players favorisent généralement des 1,0 mm et plus, voire des formes Jazz III pour la précision.
- Les rythmiciens acoustiques tournent souvent autour de 0,7–0,88 mm pour garder du « rebond ».
- Les puristes de la strumming rapide optent pour 0,46–0,71 mm.
Lorsqu’il s’agit de choisir un médiator, il est essentiel de comprendre que l’épaisseur ne fait pas tout. En effet, le choix du matériau joue également un rôle crucial dans le son produit. Par exemple, un médiator de 0,7 mm en Ultex peut offrir une sonorité plus claire et plus précise qu’un modèle en nylon de la même épaisseur. Cette différence de matériau peut transformer complètement l’expérience de jeu, surtout pour ceux qui cherchent à optimiser leur son. Pour explorer davantage les options de médiators et leur impact sur le son, l’article Quels médiators donnent le meilleur son ? fournit des insights précieux.
De plus, la flexibilité du médiator est un autre facteur déterminant qui influence la dynamique de jeu. Un médiator fin a tendance à « absorber » l’énergie, limitant ainsi la production d’harmoniques aiguës, ce qui peut être un choix judicieux pour certains styles de musique. Pour ceux qui souhaitent explorer divers accessoires permettant d’améliorer la qualité sonore de leur instrument, l’article Les meilleurs accessoires pour améliorer le son de votre ukulélé propose des recommandations intéressantes. En combinant ces éléments, chaque musicien peut affiner son style et trouver l’équilibre sonore parfait.
En pratique, l’épaisseur interagit avec le matériau : un 0,7 mm Ultex sonnera plus dur et plus clair qu’un 0,7 mm nylon. La flexibilité influence la dynamique : un médiator fin « absorbe » l’énergie et produit moins d’harmoniques aiguës.
Exemples concrets :
- Pour un set électro-pop où vous faites beaucoup d’arpèges et quelques lignes lead, emportez un medium et un heavy.
- Pour jazz manouche, certains pros oscillent entre pick en nylon pour le rythme et thumbpick/orest pour la basse.
- En metal, pour le palm muting et le sweep picking, on choisit souvent épais + matière dure.
Conseil de Claude (votre vieux prof) : testez toujours à la fois en acoustique et branché. Le même médium peut se comporter différemment selon l’ampli, les micros et la compo.
Marques, modèles et petites habitudes des professionnels
Les marques qui reviennent le plus souvent dans les housses de pros sont : Dunlop (Tortex, Jazz III), Fender (351), Gravity Picks, V-Picks, D’Addario (Planet Waves), Clayton, John Pearse / D’Andrea, et quelques artisanaux sur-mesure. Voici comment les pros s’en servent.
- Dunlop Jazz III : compact, précis, apprécié par les lead players pour la vitesse. Très répandu dans les milieux rock, metal et fusion.
- Tortex (Dunlop) : polyvalent, surface anti-dérapante. Excellent rapport longévité/son.
- Fender 351 : forme classique, très confortable pour le strumming.
- Ultex / V-Picks : matériaux durs pour un son très articulé — plébiscités par shreders et studio rocks.
- Picks artisanaux (aussi appelés signature ou sur-mesure) : certains pros commandent une épaisseur/forme précise, souvent en matériaux composites pour répondre à leurs besoins uniques.
Petite anecdote : un ami batteur/guitariste a remplacé son lot de mediums par des picks en bois pour une session acoustique — résultat : la prise de son a eu plus de chaleur, et le producteur a validé la piste direct. Les pros aiment ces petits détours sonores.
Pratiques courantes chez les pros :
- Avoir des médiators repérés par couleur ou marquage pour les différencier en live.
- Coller un micro-adhésif ou perforer légèrement pour améliorer l’adhérence.
- Garder toujours des médiators de secours (on en perd sur scène, c’est une règle sacrée).
Comment choisir, tester et entretenir vos médiators comme un pro
Choisir son médiator demande méthode. Voici un protocole simple, testé en répétitions et en studio :
- Définissez votre objectif sonore : précision, chaleur, vitesse, durabilité.
- Testez 3 familles : fin, medium, épais — dans le même matériau si possible.
- Jouez rythmique et lead pendant au moins 30 min pour sentir la fatigue et l’usure.
- Enregistrez une boucle simple : la différence est souvent plus évidente au casque.
- Notez vos sensations : glisse, accroche, fatigue du pouce/index.
- Prenez en compte l’environnement : on sue en été, la prise doit rester fiable.
Entretien et trucs :
- Les médiators s’usent : remplacez-les avant qu’ils ne deviennent irréguliers (attaque imprévisible).
- Nettoyez les médiators en composite avec un chiffon microfibre. Les celluloïds peuvent devenir cassants; stockez-les à l’abri de la chaleur.
- Pour customiser : limez légèrement l’arrête pour arrondir l’attaque ou créez une petite encoche pour l’adhérence.
Récap’ rapide : il n’existe pas de « meilleur médiator » universel. Les pros choisissent selon le style, la précision souhaitée, la durabilité et le confort. Emportez plusieurs options, testez en situation réelle, et amusez-vous — un bon pick bien choisi peut transformer un riff moyen en moment mémorable.
Conclusion
Vous avez maintenant la boîte à outils : familles, matériaux, épaisseurs, marques et routine de test. Alors, dans la poche : au moins un medium, un heavy et un petit pick précis — et vous serez paré pour 90 % des situations. Allez, prenez votre médiator favori et faites chanter ces cordes.
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